Les fumeurs belges continuent de s’approvisionner massivement via des canaux alternatifs et moins chers qui échappent à la vigilance des autorités fiscales. C’est ce qui ressort de la dernière édition d’une étude semestrielle sur l’origine des cigarettes consommées en Belgique. Pas moins de 34,6 % de toutes les cigarettes consommées dans notre pays ont été importées (de manière illicite) de l’étranger ou sont des contrefaçons. Les accises élevées sur le tabac poussent de plus en plus de Belges à se tourner vers le marché noir. Résultat : entre 2020 et 2024, un trou de pas moins de 692 millions d’euros s’est formé dans le budget.

Aucune taxe n’a été payée dans notre pays sur 34,6 % de l’ensemble des cigarettes consommées en Belgique au cours du premier semestre 2025. C’est ce que révèlent les derniers résultats d’une enquête pluriannuelle* menée pour le compte de Cimabel, la fédération belgo-luxembourgeoise des fabricants de cigarettes, réalisée entre le 22 avril et le 23 mai 2025.

La tendance est inquiétante et prend progressivement des proportions exceptionnelles. Par comparaison avec les résultats de l’étude de l’année précédente, la part est passée de 26,9 % à 34,6 %.

Sur ces 34,6 %, 2,9 % sont des cigarettes contrefaites. Ce chiffre a triplé depuis la dernière analyse. Les 31,7 % restants sont des cigarettes fabriquées légalement mais achetées en dehors de la Belgique, en particulier dans des pays où les prix sont plus faibles en raison d’une pression fiscale également plus faible. Ces cigarettes pénètrent de plus en plus facilement dans notre pays, car des bandes bien organisées introduisent massivement en Belgique des cigarettes bon marché en provenance de l’étranger pour les revendre ici avec un bénéfice considérable.

Les accises élevées poussent les consommateurs vers les circuits commerciaux illégaux

Sous le précédent gouvernement, le prix de détail moyen d’un paquet de 20 cigarettes est passé de 6,39 euros à 10,57 euros (soit une augmentation considérable de 65,4 %). Année après année, ces augmentations excessives des droits d’accise ont incité davantage de fumeurs à rechercher des cigarettes bon marché sur le marché noir. Les cigarettes contrefaites sont généralement proposées sur notre marché pour un tiers seulement du prix officiel.

Près de la moitié de l’ensemble des cigarettes importées provient de Bulgarie

Il convient de noter que près de la moitié de toutes les cigarettes importées (de manière illicite) proviennent de Bulgarie (45,4 %). Des cigarettes bon marché en provenance du Luxembourg (14,7 %) et de Turquie (7,8 %) sont également proposées aux consommateurs belges. En outre, des cigarettes en provenance de Roumanie, du Maroc et d’Albanie sont également présentes sur notre marché en quantités significatives. Le fait que certains de ces pays ne soient pas nécessairement des destinations touristiques populaires renforce le soupçon de l’existence de circuits organisés qui capitalisent rapidement et efficacement sur la demande croissante de cigarettes bon marché de la part des consommateurs belges qui cherchent à contourner les droits d’accise élevés dans leur propre pays.

Les cigarettes contrefaites sont également en augmentation

Il est remaquable de noter que le nombre de cigarettes contrefaites augmente également, atteignant près de 3 % de l’ensemble des cigarettes consommées. C’est trois fois plus qu’il y a six mois. Depuis un certain temps, de grandes quantités de cigarettes contrefaites ont été trouvées dans notre pays. La grande majorité d’entre elles étaient traditionnellement destinées au marché britannique ou irlandais, où les cigarettes sont encore plus chères qu’en Belgique. Mais petit à petit, ces cigarettes arrivent aussi chez les consommateurs belges, preuve que les organisations criminelles s’implantent aussi chez nous.

Les douanes belges méritent des éloges, mais la politique en matière d’accises doit être revue en profondeur

La fédération sectorielle Cimabel continue d’attirer l’attention sur la nécessité de prendre au sérieux le commerce illégal et la contrebande de tabac. Les efforts des services douaniers belges, qui ont réalisé ces dernières années des prises record de cigarettes illégales les unes après les autres, méritent d’être salués.

Mais les efforts des douanes ne sont ni plus ni moins qu’un emplâtre sur une jambe de bois tant qu’il n’y a pas de changement réfléchi dans la politique des accises. Tant que les accises sur les produits du tabac augmenteront drastiquement chaque année, la demande de cigarettes bon marché continuera de croître et les organisations criminelles poursuivront sans relâche leurs activités illégales sur notre territoire.

Même en interdisant des alternatives moins nocives comme les sachets de nicotine ou en imposant des restrictions drastiques sur les produits de vapotage, le gouvernement belge pousse les consommateurs dans les bras d’organisations criminelles bien organisées.

Cimabel appelle donc le gouvernement fédéral à ne pas se voiler la face sur une réalité que cette nouvelle étude confirme une fois de plus. La spirale des augmentations successives des accises ne fonctionne pas, bien au contraire. La seule certitude est que les pouvoirs publics voient des recettes leur échapper et que les organisations criminelles engrangent de plus en plus d’argent.

Plus d’informations : secretariat@cimabel.be

* Enquête sur les emballages vides – Belgique Q2 2025, WPSM Group, juillet 2025

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