Cimabel, la fédération belgo-luxembourgeoise des fabricants de tabac, se réjouit de l’attention portée – à la suite du reportage de Pano – à la problématique du vapotage chez les jeunes. Il y a effectivement un problème, et grâce au reportage de Pano, nous pouvons enfin le nommer correctement : les vapes illégales.

Il est en effet crucial de faire la distinction entre les produits de vape légaux et illégaux. Les produits légaux sont commercialisés via des canaux de vente officiels et contrôlés, accompagnés de tous les avertissements sanitaires obligatoires prévus par la loi. Ils passent par un processus strict d’approbation par les autorités : les produits et leurs ingrédients sont notifiés aux autorités avant leur mise sur le marché, et ils sont ensuite explicitement approuvés par les services sous la responsabilité de Frank Vandenbroucke.

Ces produits jouent un rôle utile en aidant les fumeurs de tabac classique à se défaire de leur dépendance au tabac. Ce rôle est d’ailleurs confirmé par le Conseil supérieur de la santé. Le véritable problème, ce sont les vapes illégales, qui inondent massivement notre marché depuis la Chine et d’autres pays asiatiques, échappant à tout contrôle. La question est : comment ce problème a-t-il pu émerger ? La réponse : une politique défaillante, fondée sur une succession d’interdictions et de nouvelles règles imposées sans concertation, mais qui, manifestement, ne peuvent guère être appliquées.

Le ministre Vandenbroucke mène depuis des années une lutte acharnée, presque personnelle, contre le tabac, une lutte marquée par un refus de tout dialogue avec le secteur concerné, et par l’adoption unilatérale de nouvelles interdictions. Mais il est temps de se poser la question : cette politique fonctionne-t-elle réellement ? Le bilan est, en réalité, affligeant :

  • Le nombre de fumeurs ne diminue pas(stable à 21% de la population selon l’Eurobaromètre de la Commission européenne);
  • Les ventes légales chutent drastiquement, tandis que les ventes illégales prospèrent comme jamais. Une cigarette sur trois consommée en Belgique n’y a pas été achetée, mais dans des pays où les prix sont nettement plus bas. Ces cigarettes sont ensuite revendues en Belgique via des circuits illégaux et parallèles ;
  • Les recettes fiscales provenant des produits du tabac sont en chute libre et creusent un trou dans le budget, malgré (ou plutôt : à cause de) la forte hausse des prix.

Et maintenant encore, la réaction du ministre Vandenbroucke est prévisible : toujours plus d’interdictions, toujours plus de règles. Il apparait prioritaire de faire appliquer correctement la réglementation actuelle : les chiffres de saisies et d’amendes tels que communiqués par le ministre paraissent dérisoires au regard de l’ampleur du marché illicite en Belgique aujourd’hui.

En pointant du doigt l’industrie du tabac comme « responsable » de cette situation, Frank Vandenbroucke créé un écran de fumée autour de l’échec de sa propre politique de santé publique. Qui pourra enfin faire comprendre au ministre de la Santé publique que cette politique ne fonctionne pas ?

Dans un pays démocratique, notre secteur pourrait et devrait pouvoir prendre part au débat public. Cette politique se trompe d’ennemi. Nous avons besoin d’un ministre capable de regarder les faits et la réalité avec un regard honnête et objectif.

Crédit photo : Lindsay Fox, licence Creative Commons Attribution 2.0

Tenez-vous au courant de nos activités et autres nouvelles en nous suivant sur Twitter.