Position concernant la restriction annoncée des arômes pour cigarettes électroniques
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Cimabel est surpris d’apprendre que le Conseil Supérieur de la Santé a profondément révisé
sa position sur les arômes dans les vapes par rapport à son avis de juin 2022. À l’époque, le
Conseil avertissait clairement qu’une interdiction large des arômes pourrait pousser les
utilisateurs à retourner vers les cigarettes traditionnelles, au lieu d’encourager la transition
vers une alternative moins nocive. Dans le nouvel avis, le Conseil Supérieur de la Santé semble
en réalité préconiser une interdiction totale, même s’il apparaît que tous les experts ne sont
pas sur la même longueur d’onde. Certains plaident toujours pour autoriser un nombre limité
de saveurs, « par crainte que les cigarettes électroniques ne perdent leur attractivité en tant
que potentiel outil d’aide au sevrage pour certains fumeurs, et pour éviter que certains
vapoteurs ne reviennent aux cigarettes classiques, comme cela s’est produit dans certains
États américains après l’introduction de restrictions sur les arômes ».
En résumé : le Conseil Supérieur de la Santé souffle le chaud et le froid, et renvoie finalement
la balle au ministre.
Et ce ministre s’est empressé de saisir l’avis révisé du Conseil Supérieur de la Santé – avant
même sa publication officielle – pour réaliser ce matin son objectif longtemps annoncé :
l’interdiction de tous les arômes. Une question légitime se pose : ce nouvel avis a-t-il été
sollicité pour justifier une intention politique personnelle du ministre ? Et pourquoi le ministre
choisit-il de foncer tête baissée dans les médias, alors qu’il est confronté à un avis – pour le
moins – non unanime ?
Une autre question tout aussi légitime est de savoir quand le ministre Vandenbroucke se
rendra compte que ses interdictions successives ouvrent toujours plus grand la porte au
commerce illégal, tandis que celle du commerce légal se referme irrémédiablement.
Prenons l’exemple des vapes jetables. Elles sont officiellement interdites dans notre pays
depuis le 1er janvier 2025. La réalité est pourtant que notre marché est depuis lors submergé
de produits illégaux échappant à tout contrôle et ne faisant l’objet d’aucun paiement de TVA
ou d’accises. Le même scénario néfaste va maintenant se répéter : le commerce des vapes
aromatisées sera immédiatement repris par des organisations criminelles obscures.
Des leçons des Pays-Bas ?
Le ministre Vandenbroucke aime se référer aux Pays-Bas comme exemple à suivre. Un interdit
sur les arômes y a en effet été introduit dès 2024. Mais ce que le ministre ne dit pas, c’est que
la mesure ne fonctionne absolument pas sur le terrain.
La Landelijke Jeugdmonitor du Centraal Bureau voor de Statistiek (CBS) – l’équivalent de notre
Institut national de statistique, une source donc irréprochable – suit depuis 2021 le nombre
de jeunes qui vapotent. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en 2021, environ 1 % des 12-18
ans vapotaient. En 2022, ce chiffre atteignait 3,7 %, et en 2023, 6,1 %. Les derniers chiffres
montrent qu’en 2024, l’année suivant l’introduction de l’interdiction des arômes, 7,6 % des
12-18 ans déclarent vapoter. La conclusion est sans appel : le nombre de vapoteurs dans cette
tranche d’âge n’a en aucun cas diminué aux Pays-Bas, malgré les interdictions.
La raison ? Les ventes illégales dans la rue, à l’école et sous le comptoir ont rapidement
répondu à la demande réelle et durable pour les vapes aromatisées. Les digues ont
définitivement cédé aux Pays-Bas : le pays est inondé de vapes illégales. Pour les autorités
chargées de faire respecter l’interdiction, c’est un combat perdu d’avance. Ce constat
s’applique également à la Belgique, où les autorités ne parviennent pas non plus à contrôler
les vapes jetables, pourtant officiellement interdites depuis 11 mois et toujours massivement
présentes. Certains se heurtent manifestement deux fois à la même pierre.
Aujourd’hui, le ministre Vandenbroucke a une fois de plus déroulé le tapis rouge aux
organisations criminelles – de véritables organisations criminelles.
Crédit photo : Lindsay Fox, licence Creative Commons Attribution 2.0