Vapotage : pas de nouvelle interdiction sans contrôle rigoureux
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« Presque la moitié des jeunes vapoteurs commencent sans avoir jamais fumé une cigarette.
» L’article en une de De Standaard aujourd’hui ouvre grand la porte au ministre
Vandenbroucke pour faire ce qu’il fait le mieux : introduire une nouvelle interdiction. Cette
fois-ci, celle des arômes dans les vapes.
Pour rappel : en janvier 2025, une interdiction des vapes jetables est entrée en vigueur. Si
vous avez l’impression que ces vapes jetables sont toujours faciles à trouver, vous avez raison.
Interdire est une chose. Faire respecter l’interdiction en est clairement une autre. Depuis
l’entrée en vigueur de l’interdiction, il n’y a effectivement plus de vapes jetables provenant
de fabricants connus et enregistrés dans des circuits de vente officiels. Bravo donc !
Mais ce « vide sur le marché » a rapidement été comblé par un afflux massif de vapes jetables
illégales, produites par des fabricants obscurs et vendues via des circuits illicites contrôlés par
des organisations criminelles. Une étude montrait en 2024 déjà que plus de la moitié des
cigarettes électroniques achetées par les Belges sont illégales1
. Et le ministre et ses services
d’inspection ? Ils regardent la situation… tout en préparant une nouvelle interdiction. Le chef
des services d’inspection du SPF Santé Publique confirmait récemment encore dans une
interview avec le magazine Kiosk: “il n’existe pas de plans concrets pour s’attaquer à ce
problème”.
Le même scénario menace donc de se répéter avec l’annonce d’une interdiction totale des
arômes. Si le ministre interdit les arômes, une fois de plus les derniers produits légaux et les
derniers circuits de vente officiels disparaîtront, et tout le marché du vape sera livré à un
réseau d’opérateurs illégaux. Les jeunes auront alors un accès encore plus facile à des
produits qui échappent à tout contrôle.
Soyons clairs : les jeunes ne devraient effectivement pas vapoter. Vapoter devrait être un
choix informé d’un adulte. Mais ceux qui n’ont toujours pas compris qu’une interdiction ne
fonctionne pas sans contrôle sérieux et sans une véritable application de la loi se trompent
eux-mêmes et trompent la société.
Si les autorités veulent réellement protéger nos jeunes, qu’elles maintiennent en vie les
circuits de vente réguliers et leur permettent de commercialiser des produits de fabricants
connus, conformes à toutes les obligations légales. Et qu’elles veillent en même temps à tarir
l’afflux de produits illégaux et à démanteler les organisations criminelles.
Il est par ailleurs essentiel de continuer à offrir aux fumeurs adultes des alternatives légales
et contrôlées. Selon l’Enquête Santé de Sciensano, près d’un fumeur sur quatre ayant tenté
d’arrêter a utilisé le vapotage – la méthode la plus courante parmi toutes les options. De plus,
près d’un vapoteur sur trois est aujourd’hui un ancien fumeur qui a cessé le tabac. N’oublions
pas non plus que la majorité des quelque 500 000 vapoteurs adultes indiquent préférer
d’autres arômes que le simple goût tabac. Espérons que les autorités en tiendront également
compte. Une politique équilibrée doit donc protéger les jeunes tout en soutenant les adultes
dans leur transition vers des meilleures alternatives.
Que l’article de De Standaard passe sous silence la réalité du commerce illégal massif et de
l’échec des contrôles constitue une occasion manquée de contribuer à une véritable solution.
Crédit photo : TBEC Review / vaping360.com, licence Creative Commons Attribution 2.0